On confond souvent anxiété et angoisse lorsque l’on parle de nos difficultés à affronter certaines situations du quotidien sans avoir l’impression que le sol n’aille se dérober sous nos pieds.
La différence principale entre les deux, c’est qu’en général, on connaît et on sait reconnaître la chose qui génère un état d’anxiété chez nous et qui nous fait peur.
Par exemple, on sait que l’on a peur de ne pas être capable de répondre aux sollicitations des autres d’une façon qui réponde à leurs attentes. Cette anxiété peut être latente et omniprésente au quotidien, mais il n’est pas difficile d’en reconnaître l’objet.
Au contraire, les objets d’angoisse sont plus profondément enterrés dans notre mémoire. Beaucoup de stratégies de survie ont été construites au fil des années pour éviter ce qui nous fait le plus peur. Du coup, ces choses-là agissent sur nous au quotidien, mais il est souvent plus difficile de mettre le doigt dessus.

Ce qui est intéressant, c’est que ça nous donne un bon moyen de les contrer :
Anxiété = peur d’échouer / perdre le contrôle à court terme.
Angoisse = peur d’échouer / perdre le contrôle à long terme.
La manière dont on anticipe un événement à court terme par peur de ne pas savoir y répondre, on peut à la rigueur tenter de se dire qu’on n’y est pas encore. Au final, on y répondra comme on le pourra quand on y sera (plus facile à dire qu’à faire).
Quand à nos angoisses qui s’étalent à plus long terme, ce qui est intéressant c’est qu’elles nous appartiennent au final plus que nos objets d’anxiété. Elles nous parlent beaucoup plus de qui on est profondément et de comment on s’est construit-e – alors que nos anxiétés dépendent souvent plus directement de la réaction des autres.
Du coup, on peut se dire qu’à la rigueur, si on se concentre sur elles plutôt que sur nos objets d’anxiété, on a plus de chance d’arriver à contrôler notre propre rythme à long terme que d’être constamment dépendant-e de ce qui se passe du côté des autres à court terme. On peut tenter de les transformer dans des choix de vie pérennes, qui se décident selon nos propres termes.
Par exemple, nos angoisses de mort et de tomber dans l’oubli nous accompagneront sans doute de façon plus durable que des objets d’anxiété passagers (même s’ils sont récurrents). Dès lors, il est plus facile de travailler avec elles pour choisir au mieux ce qu’on fait de notre temps de vie sur cette planète et quelle action on veut y mener.
Encore une fois, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais face à toutes les choses qui sont choisies et décidées pour nous, que nous ne choisissons pas et qui pourtant nous impactent, c’est la seule chose qu’il nous reste.
Crédit : Dr. Klak dans « The Second Best Hospital in the Galaxy »
« Ça » (2017)


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